Un père et un fils aspirés par la même passion. Une histoire de transmission.
C'est Christian qui parle: « Cette année, j'ai le brassard 22, pour mes 22 ans de marathon » avec un sourire paisible. .. « Et je suis le seul à les avoir tous finis!. Pour moi, c'est une histoire d'amour, une façon de retrouver des amis que je respecte. Le temps passe, à 55 ans, la préparation représente un challenge maintenant qui me booste 3-4 mois avant le départ. » Il parle de manière posée de son expérience, du temps qui passe du classement qui évolue : pendant des années il a été classé entre les 10 – 25 premiers, l'an passé, il a pris la 180 ème place. Aujourd'hui, tout en conservant la même passion, il aborde les choses de manière sereine: ce qui l'intéresse, c'est de finir la course et de retrouver les sensations qu'il connait si bien.
Face à lui, Anthony, 29 ans, son fils l'écoute, en connaisseur complice. Quand son père est parti pour la 1 ère fois, il avait 3 ans. Il l'a suivi sur minitel, puis internet , puis a assisté à une arrivée... A 21 ans, il part comme bénévole au marathon; et là, il découvre son père comme il ne l'avait jamais vu, dans un état de souffrance et de fatigue extrême « Ca m'a fait mal » reconnaît Anthony, « J'aurais voulu qu'il arrête... et en même temps, je voulais qu'il aille jusqu'au bout- ce qu'il a fait ».
Finalement, cet enfant qui a grandi au berceau du marathon se lance à son tour, pour la 21 ème édition du MDS. Christian, « le psychopathe du sac » l'aide uniquement sur le matériel à emporter. Immédiatement sur le terrain, le fils dépasse le père, ce qui lui « file un coup au moral, mais l'a rendu plus humble et plus grand»!
Pour le marathon, les deux se préparent chacun de son côté et courent chacun de son côté, tout en prenant des nouvelles l'un de l'autre.
« Quand, je cours, dit Christian, je suis dans une bulle, je ne pense à rien ni à personne, je suis dans la concentration extrême du moment, je pense à chaque mouvement, à comment je pose le pied au sol et je prépare mentalement la course du lendemain. J'aime être seul et dans le silence »
Aujourd'hui, Anthony pense à sa petite fille de 2 mois: une troisième génération de marathoniens à venir?
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