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29/03/09 - Journée de contrôle
Chouchous
Nicholas KENELL - D703 (GB)
Rene KHELIFA D182 - Philippe DIZIER D123 (FR)
Raymond O'CONNOR - (D 712 IRL)
Christian VACHON D843 - Michel JODOIN D831 - Jean Paul FREY D820 - Marc LECLERC D839 - Yoan PAQUET D847 - Christine LALLIER D837 (CAN)
Kiran PRAVEEN MAHADEVAPPA - (D 724 INDIA)
KVARAN Agust D177 (ISL)
HEWETT Lynne D824 - LEA Caroline D838 - CARPENTER Constance D790 - STROBEL Alisha D857 - (USA)
OKREGLICKI Andrzej D714 (ZAF)
YAMAGUCHI Yohei - (D 412, JPN)
BEER Amelia D564 (GB) - OWEN Helen D716 (GB)
DOBSON Robert D815 (NZL) - PITCHFORTH Nikolai D872 (NZL)
SULLIVAN Keith D858 (AUS)
Anthony Ginter FRA-D129
José Azevedo POR-D428
Fondation Jérôme Lejeune
Michael Wardian (D 870, USA)
Emmanuel de Buchere (FRA-D11), Hervé Matton (FRA-D57) et Marc Baptiste (FRA-D88)
Arnaud LEROUX (FR-D95)
Christian VACHON D843, CAN
Stéphane Levielle (F-D294) et Jean-Luc Giraudoux (F-D180)
Tess GEDDES, D821, PHI
Alex et Quentin - D 618 D 738, GBR
D728, UK, Anthony RILEY
Ken Krys (D 780, îles Caïmans)
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15/04/2009

30 MARS – ETAPE 1 –  Erg Chebbi/Erg Znaïgui : 33 km

Le MARATHON DES SABLES à la grâce d’Allah…

Grosse journée pour l’ensemble des personnes présentes sur le Marathon des Sables aujourd’hui. Pour les concurrents bien sûr, qui dès 9h00 sont arrivés, par transferts en bus ou en voiture, à l’hôtel Chergui à Erfoud.
Là, trimballant leurs valises à travers le patio arboré et les bâtiments crénelés, c’est une longue file ininterrompue qui a traversé l’hôtel à un rythme lent, quasiment jusqu’au milieu de l’après-midi.
Une fois contrôlées leurs identités, ils devaient se débarrasser de leurs effets personnels pour ne garder que les affaires nécessaires à la course proprement dite.
Un dernier regard au sac, une ultime question à la volée au voisin qui semble (peut être ?) plus informé du matérielindispensable ou d’un vétéran débordé par les  demandes de conseils, et c’était l’entrée dans la salle dédiée à toutes les vérifications prévues dans le règlement.
Le premier poste est celui de la remise du dossard, marqué au prénom du coureur. Un sésame pour l’aventure, véritable symbole de la concrétisation du rêve qui a tenu certains éveillés de longues nuits.
Ensuite, c’est la fixation du transpondeur sur le sac de course, technologie qui permettra une sécurité optimale en localisant les coureurs à tout moment, et la remise du reste du matériel de sécurité. Une fusée, que certain trouvent lourde mais qui est efficace à des kilomètres à la ronde et les pastilles de sel à ajouter à l’eau pour combattre la déshydratation.
Le nombre de calories représentées par les rations de nourriture des concurrents sont également vérifiées, et même évidemment que les dossiers médicaux.
Le pesage du sac est une surprise pour certains qui n’en reviennent pas d’avoir, avant même d’avoir ajouté le matériel de sécurité et l’eau qui sera indispensable, souvent près de deux kilos de plus que ce qu’ils imaginaient…
Les quatre qui n’étaient pas les moins fiers de recevoir un dossards de course étaient les enfants qui feront partie de l’équipe des pompiers de Paris.
En effet le  team «Pompiers Raid Aventure» grâce à la «joêlette», un véhicule à trois roues spécialement étudié pour le transport de handicapés, les emmènera chacun leur tour participer a cette course mythique en milieu désertique.
David Sibbé, 11 ans, Corentin Vaisy, 15 ans et demi, Valentin Pawelec, presque 15 ans et Maxense Brethous,14 ans, avaient les yeux qui brillaient en arborant le carré de papier indéchirable qui arborait leurs noms et leurs numéros.
"Les pompiers sont super-forts. E le plus fort c’est Sébastien, hier a presque dix, les autres n’ont pas réussi à le jeter dans la piscine", commentent ils en riant de bon cœur, heureux d’être à deux doigts du départ.
Le départ.
LA grande question que se posait l’ensemble du peloton réuni autour de la piscine pour le briefing-coureurs de Patrick Bauer.
C’est la voix serré qu’il prend la parole.
C’est en effet la première fois que le Marathon des Sables voit modifier son déroulement.
La partie est-elle gagnée ?
Patrick, la voix serrée, leur annonce qu’il y a deux choix. Soit d’annuler l’épreuve, soit de s’adapter aux conditions en acceptant les aléas que cela représente inévitablement.
Le silence se fait.
Certains regardent déjà leurs chaussures de course, les lèvres serrées, pensant que la cause est jouée.
Qu’ils vont devoir repartir chez eux sans avoir pu se brûler les yeux des étendues magnifiques de ce Maroc sauvage qu’ils attendent depuis si longtemps, après tant de sacrifices d’entraînement, financier et de temps qu’ils ont sacrifié…parfois au détriment de leurs proches…
«C’est nous tous ensemble qui devons prendre cette décision… Il y aura des modifications dans le road-book, des moments ou il faudra s’adapter aux aléas mais sachez que l’ensemble de l’équipe du Marathon des Sables travaille sans relâche pour vous offrir une épreuve parfaite…Etes vous toujours partants à nos côtés pour cette aventure ?»
Une immense clameur retentie. Comme une seule voix, un « oui » venu du fond du cœur de chaque compétiteur s’élève avec force.
Patrick Bauer a les larmes aux yeux.

Le MARATHON DES SABLES ne s’arrête pas.
Il partira demain matin du lieu prévu dans l’Erg Chebbi pour le début normal de l’étape deux, où les coureurs seront emmenés en bus après une dernière nuit d’hôtel.
Plus que jamais, chacun d’entre eux, surtout ceux qui viennent pour la première fois, a compris la première leçon du Sahara.
Le désert ne se vainc pas. Il se traverse.
Avec humilité.
"In’ch Allah" ; "Si Dieu le veut" comme disent les Touaregs avec philosophie….



31 MARS - ETAPE 2 - Erg Znaïgui/Erg Znaïgui : 36 km

LE MARATHON DES SABLES S’INVITE EN ECOSSE.
9h00 ce matin, sous la banderole de départ résonne le son métallique du groupe de hard-rock ACDC durant que les coureurs se trémoussent. Difficile de savoir si c’est le rythme qui les fait tressauter sur place, ou le froid qui est encore présent sur le bivouac. En effet, ils viennent de passer la nuit dans des duvets souvent très fins pour cause de gain de poids, par une température qui est descendue jusqu’à environ dix degré, et avec un petit vent coulis qui s’est infiltré avec aisance dans les tentes berbères rudimentaires qui les hébergent.

Comme traditionnellement, les premiers partent à un rythme de semi-marathon.
Pour eux, le jeu est de faire craquer les adversaires le plus tôt possible dans l’épreuve pour s’assurer des minutes d’avance qu’ici il est toujours très dur de recapitaliser.
Les plus contemplatifs ont pu découvrir un Sahara marocain étonnant. Partis plein est, ils se sont retrouvés après une succession de petits reliefs dans une végétation courte qui verdissait les courbes de vallons caillouteux, donnant sur leur droite sur une étendue d’eau de quelques centimètres de profondeur mais qui prenait des airs de lac. Sur ce miroir, se reflétaient les hauteurs tourmentées du Djebel Bega.
Durant presque deux kilomètres, la vision d’un château moyenâgeux au détour d’un relief, ou la vision du cou d’un saurien préhistorique frisant la surface n’aurait presque pas étonné, tant le Marathon des Sables prenait des air d’Ecosse, avec un soleil qui finissait par déchirer les nuages d’un gris presque violet qui couvrait la région au premières heures du jour.
Au pied du Djebel, une courbe dans le balisage, permettant de rejoindre une étendue de sable qui frisottait en dunettes dont le sable était encore humide des pluies de jours précédents.
Les coureurs sont en forme, les plus facétieux s’offrent des petits sauts pour franchir le côté le plus abrupte des vagues de sable.
Ce paysage permettait de rejoindre le contrôle n° Un après 13,9 km de course rendue euphorique par une température très supportable.
Mais à ce petit jeu là, il est facile de se brûler les ailes, pour se retrouver simplement avec des semelles de plomb. De grands plateaux roulants de cailloux, nommés les Reg, permettent aux plus rapides de prendre le large et à leurs poursuivants de se retrouver en "zone rouge" si d’aventure l’idée leur était venue de suivre la cadence.

Quelques petits reliefs donnent un peu de piment avant l’arrivée du contrôle 2 situé au kilomètre 20,8.
Puis, c’est à nouveau de grandes étendues plates et roulantes avant de clore cette étape de 36 km par une nouvelle traversée de l’Erg Znaigui derrière lequel est niché le cercle du bivouac.
Au petit jeu du terrain permettant des pointes de vitesses, c’est le marocain El Akkad Aziz qui franchi le premier la ligne d’arrivée, suivi par le Jordanien Al Aqra Salameh, puis par Mohammad Ahansal, qui prend 9 minutes 13’’ tout de même, précédent de peu son frère.
El Akad fait une belle opération puisque du tout il s’empare également de la tête du classement général, suivi là aussi du Jordanien Al Aqra qui attend depuis des années de jouer devant les frères de Zagora qui lui semblaient intouchables.
Pour autant, le classement s’établi souvent de manière plus déterminante lors de l’étape longue et quelque chose me dit, à écouter les discussions des pisteurs avec Patrick Bauer dans la partie du campement réservé aux membres de l’organisation que l’étape longue de cette année va être inédite.
Les pisteurs travaillent d’ailleurs sans relâche sur l’étape à venir et rentreront sans doute tard dans la nuit…
Et mon intuition me souffle que les frères Ahansal pourraient bien profiter de cette occasion, demain, pour tenter un coup de poker dont ils ont le secret.
Mais le vent de sable, parfois, donne l’illusion d’une clairvoyance qui n’est peut être qu’un mirage.
La seule chose dont tous sont certains, c’est que les deux jours de l’étape longue seront cette année inoubliables

1er et 2 AVRIL – ETAPE 3 –  Erg Znaïgui/Aferdou Nsooualhine : 91 km

LA PLUS LONGUE ETAPE DE L’HISTOIRE DU MARATHON DES SABLES.
 Quatre vingt onze kilomètres. C’est la distance totale de l’étape longue qui est partie le mercredi 1er avril à 09h50. Certains coureurs croyaient que cette annonce était un poisson d’avril de l’organisation, tout en s’étant préparés, notamment en nourriture pour une étape qui durerait pour la moyenne du peloton entre 15 et 20h00.
Les cinquante premiers au classement général, eux, partent à midi, pour éviter que la course ne s’étale trop en longueur et que la sécurité maximale puisse être assurée à tous.
Une précaution qui s’avère d’autant plus nécessaire cette que l’ensemble du parcours a du être modifié pour permettre aux  4x4 de l’organisation d’accéder partout sur le passage des coureurs et aux camions de matériel de joindre les points de bivouac, certains zones restant impraticables pour cause de boue ou d’inondation.
Les coureurs, eux, ne s’embarrassent pas de ces conditions. Une étape de 91 kilomètres, cela ne s’est jamais vu sur le Marathon des Sables. C’est une découverte pour tous, et si certains vétérans des courses d’aventure de ce type en ont vue d’autres, pour la grande majorité, c’est la première fois qu’ils vont avoir à courir sur une telle distance, de plus dans des conditions sahariennes difficiles.
Le maître mot pour la plus grande partie des concurrents, c’est de réussir à trouver un rythme qui permette de courir le plus longtemps possible. Un rythme de footing de récupération peu sembler lent, mais durant plus de 15h00, c’est tout de même un vrai pari physique.
Devant, le mot d’ordre est différent. Les frères Ahansal savent que la course se joue aujourd’hui. Aziz El Akad, premier au classement général n’est pas plus prêt à laisser sa place que les autres prétendants à laisser échapper leur chance. Parmi eux, le dossard 8, le marocain Ait Amar Mustapha ou le jordanien Al Aqra Salameh et bien évidemment Lahcen Ahansal, dix fois vainqueur de l’épreuve. Un américain, Mickael Wardian, malgré ses 22 minutes de retard au classement général, répète à qui veut l’entendre (ou l’écouter) qu’il est venu pour gagner que cette étape est idéale pour lui permettre de repasser devant.
C’est donc une énorme pression que se met la tête de course dès les premiers kilomètres. A ce petit jeu là, à la surprise générale, c’est Lahcen Ahansal qui renonce, peu après le CP 3 soit 36 kilomètres de course seulement. Il n’a pas retrouvé cette année ses marques, après un an d’absence, ni les ressources morales pour tenir le rythme d’enfer de la tête de course. Et c’est avec une grande tristesse que l’ensemble des participants et l’organisation apprend que l’icône filiforme aux foulées de gazelles jette l’éponge cette année en cours d’épreuve.
Mohamad, son frère, ne s’embarrasse pas d’état d’âme et prend les commandes avant le CP 4. Il finira finalement en 08h08’22’’, reléguant El Akad à 15’01’’ et lui reprenant dès lors sa place de premier au classement général. C’est Ait Amar Mustapha qui clôturera le podium du jour. Quant à Mickael Wardian, arrivant au CP 5 en clamant son numéro pour éviter de prendre du temps, il prendra visiblement un coup au moral en apprenant qu’il a près de 40 minutes de retard sur la tête de course. Il finira cette étape longue à 1h43’37’’ de Mohammad Ahansal.
Un ancien coureur de l’épreuve, le vénérable Brahim El Joual, confiait qu’au Marathon  des Sables, il fallait une édition pour apprendre et une autre pour comprendre pour être dans ses meilleures dispositions. Nul doute que l’américain reviendra donc en terres marocaines.
Quant au reste de la course, c’est à une sauce qu’il digère lentement cette étape dantesque.
Courir tant que c’est possible, puis alterner marche et course et parfois ne plus pouvoir qu’avancer avec difficulté un pied devant l’autre, dans la froideur de la nuit, sont le lot du plus grand nombre.
Le vent est terrible, il semble toujours de face, et lorsque la nuit tombe il fait littéralement frissonner de manière irrépressible les concurrents.
La nuit, il n’y a plus de course qui compte. Il faut arriver, coûte que coûte. Aux détours de la piste, au hasard des rencontres sous les tentes des points de contrôle, il n’y a plus que des hommes et des femmes rendus solidaires par l’effort. Ils se réconfortent, partagent leur repas sommaire, s’aident à remettre les sacs sur les épaules ou à fixer les bâtons lumineux de manière visible.
Une communauté naît au fil des heures et des kilomètres, des amitiés se nouent dans la douleur et parfois la désespérance. De larmes jaillissent parfois devant de parfaits inconnus qui comprennent et réconfortent pour éviter les leurs.
La nuit semble sans fin, sans fond, le laser qui marque l’avant dernier check point si proche et pourtant jamais à portée au fil des pas.
On pourrait penser à une armée en déroute à les voir trébucher à la maigre lumière de leurs lampes, à les entendre traîner les pieds. Mais aucun de ceux qui sont sur la piste dans la nuit glacé ou au petit matin orange ne sont dans la défaire. Chacun sort vainqueur de cette étape qui fût à la fois magnifique et terrible.
Ils ont, tous réussi à franchir les montagnes, les grandes étendues blanches encore souples de la pluie des derniers jours, les plateaux parsemés de cailloux les ont fait trébuché, et même les dunes leur ont présentées leurs faces les plus abruptes.
Ils sont là, ils arrivent, éblouis, hallucinés par les lumières de leurs frontales, sous la banderole d’arrivée, ou le soleil du matin les découpant en silhouettes immenses sur le sol empierré.
Certains ont même connu deux fois la chaleur du zénith sur leurs crânes avant de rejoindre le bivouac et le dernier n’arrivera que durant la deuxième nuit.
De tous ceux là, aucun n’a battu le désert. Et si la victoire sur eux même peut sembler dérisoire à qui n’a pas connu la plénitude d’une telle expérience de dépassement de soi, eux, savent, tous, le caractère unique de cette expérience dans leur vie.
Plus que jamais ils rentreront marqué à vie de cette étape longue, qui sans doute, et déjà une légendaire pour la longue histoire du Marathon des Sables.


3 AVRIL - ETAPE 4 - Aferdou Nsooualhine/Tizin Ighrs : 42 km
24è MARATHON DES SABLES : Mohamad Ahansal assure la tradition familiale

L'homme qu'on avait réduit au rôle d'ombre de son frère a su garder la couronne dans le patrimoine familial. Mohamad Ahansal a décroché sa seconde victoire consécutive malgré les coups de boutoir de son seul véritable concurrent direct, Aziz El Akad. Ce dernier a tout donné sur cette dernière étape, tentant de refaire son retard de 6 minutes au général. Il emporte finalement l'étape devant Mohamad Ahansal, qui s'est contenté de contrôler pour garantir la victoire finale. Les deux coureurs auront été les deux grands animateurs de cette édition, et leur duel devrait se prolonger sur les prochaines années. Le Jordanien Salameh Al Aqrah termine troisième à 47 minutes de Mohamad Ahansal au général et vient compléter un podium finalement classique pour une course qui ne l'a jamais été. Pas de chaleur assommante, pas de vent de sable mais une hygrométrie importante tout au long du parcours, des nuits plus que fraîches et de nombreux passages boueux pour un peloton plutôt déstabilisé. L'arrivée, d'ordinaire organisée dans une petite ville, a eu lieu cette année au bivouac – c'est à dire au milieu de nulle part, ou les coureurs ont été accueillis par les familles. Ce soir, ils pourront gouter au joies de l'opéra avec des musiciens venus de Paris et partager un repas complet avec les membres de l'organisation, soit une double bonheur musical et alimentaire. La remise des prix est prévue après demain à Ouarzazate.



4 AVRIL MARATHON DES SABLES : une 24ème édition inédite.

Traditionnellement, l’étape marathon, la "42" comme disent les coureurs, est l’avant dernière du MARATHON DES SABLES, elle est suivie le lendemain par celle qui est dite "la courte" sur le bivouac et qui fait normalement entre 15 et 20 kilomètres.

Patrick Bauer avait annoncé aux coureurs l’annulation de la dernière étape, pour des raisons inhérentes à l’adaptation constante du parcours depuis le premier jour, tracé quasiment en temps réel par les pisteurs. Pour autant, les coureurs ont auront eu pour leurs rêves, puisqu’en seulement quatre étapes, ils auront tout de même couru plus de 200 kilomètres.

L’ambiance sur le bivouac est donc à la fois au sérieux, une étape de 42 km c’est toujours un gros morceau à digérer, mais aussi à la décontraction la veille de ce dernier départ.
Au delà de l’aspect sportif, la plupart des concurrents réalisent que l’autonomie alimentaire, donc les feux précaires entre amis, se terminent après l’arrivée de vendredi. Ils veulent profiter de ces instants de pur magie que peut être un foyer, une gamelle et quelques copains, certains de circonstances, dans la lumière orange du crépuscule saharien.

Abdelaziz Benazzi en personne

Autre surprise au matin, alors que les plus désireux d’être sur les photos se trouvent déjà aux avant-postes de la ligne de épart, une ombre colossale fait aligner les pompiers de l’équipe "Pompiers Raid Aventure GMF".
C’est Abdelaziz Benazzi en personne, l’ancien capitaine du Quinze de France, qui est venu courir avec eux soutenir leur association et leurs projets.

On ne saurait dire qui des quatre gamins qui se relaient dans la joëlette ou des rudes soldats du feu est le plus ému de se retrouver à enchaîner les figures d’un Haka comme l’équipe néo-zélandaise des légendaires All Blacks. Pour finir par un saut où le gigantesque nouveau marathonien des sables monte qu’il n’est pas le dernier en manière de détente.

Place à la course et à la bagarre sans merci que se livrent quatre hommes pour la victoire d’étape et peut être celle au classement général.
Mohammad Ahansal, tenant du titre a pour principaux rivaux les marocains Aziz El Akad et Mustapha Ait Amar, ainsi que le jordanien Al Aqrah Salameh.
Dès le départ, c’est une lutte sans merci. Mohammad Ahansal possède une avance de plus de six minutes à l’heure du départ et le challenge est sans doute impossible de lui reprendre ce temps sur une distance qu’il maîtrise parfaitement. Mais tous sont des compétiteurs de haut niveau et aucun ne compter lever le pied lors de cette journée, d’autant que derrière, dans le top dix du peloton de chasse, les loups sont également lâchés, à l’affût de la moindre défaillance pour remonter encore dans le classement.

C’est ainsi que la tête de course avale les kilomètres à un train d’enfer, sans même ralentir lors du passage des gros rochers du Djebel Heijira el beida, que certains passent en volant littéralement de bloc en bloc.
Même le passage de l’oued Ziz à Menta Sla, malgré la montée des eaux sur la piste, ne les ralentira pas d’une seconde.
Aziz El Akad, auteur d’une course magnifique, prendra vers la mi-course une longueur d’avance, mais n’arrivera jamais à distancer Mohammad Ahansal qui donnera tout pour rester à vue de son prédécesseur. El Aqrah, lui, semble à la peine pour suivre le rythme, malgré sa longue foulée très esthétique, mais gardera sa troisième place, celle du jour et du classement général.
Le titre reste donc à Zagora dans la famille Ahansal, comme une consolation offerte à Lahcen d’avoir dû abandonner lors de l’étape longue.

Les derniers kilomètres sont une pure merveille

Le peloton lui, est plus à la peine. La température est montée lors de cette journée à près de trente degré, et il n’y a guère d’air pour rafraîchir les coureurs peu accoutumés à ces températures saharienne puisqu’il a fait plutôt frais ces derniers jours.
Certains enlèvent même leurs chaussures pour passer le gué, prétexte également pour se rafraîchir dans l’eau claire. Les derniers kilomètres sont une pure merveille, un itinéraire en balcon montagneux dominant la plaine cernée de montagnes où se trouve le bivouac, dans une grande étendue blanche et craquelée.

Les visages sont tendus, les dents serrées, certains pleurent bien avant la ligne d’arrivée. Là, comme tous les ans, c’est le grand bain d’émotion dans lequel se baigne Patrick Bauer et qui semble donner une éternelle jouvence au Marathon des Sables.
Des larmes tombent même du haut du mètre quatre vingt dix sept de l’ancien rugbyman quand il arrive dans les bras du directeur de course et sent autour de lui que les pompiers de Paris, pourtant des hommes durs à la tâche et à la souffrance, laissent également pleureur leurs âmes en serrant les petits ; David, Corentin, Valentin et Maxense contre eux.

Plus encore peut être que les années précédentes à cause des difficiles conditions de course et des aléas liés aux conditions climatiques, c’est une communauté soudée qui est née au fil de l’errance saharienne du Marathon des Sables.

Et au soir, bercé par un air d’opéra qui les envoûte lors d’un récital en plein air, les coureurs, les yeux fermés, qu’ils viennent pour la première ou la vingtième fois, se remémorent chaque minute de cette grande aventure humaine et sportive qu’ils savent déjà ne jamais oublier.


Marc Louboutin MDS 2009 pour JOGGING International

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