| En provenance des Ardennes |
5 mois avant ce rendez-vous à Ouarzazate dans la Vallée du Draa, Remy Duprez (D231 - F), 53 ans, technicien Telecom, et Michel Dichamp (D232 - F), 54 ans, technicien horodateur, ont entamé un autre marathon : la recherche de sponsors.
Plus de 800 partants sont annoncés dans la 24e édition du Marathon de sables qui aura lieu du 27 mars au 6 avril au Maroc. Au sein de ce gros peloton, il y aura deux employés municipaux carolos.
Pour couvrir les frais d'inscriptions et de matériels nécessaires avant le départ (3.500 euros par tête), les deux agents ont organisé une tombola au sein du personnel municipal tout en nouant des contacts avec des PME locales. Outre ces nécessités administratives, ces deux "ultra-fondus" ont bien sûr accéléré leur préparation sportive.
Explications du tandem. "On allonge progressivement les distances d'entraînement sur des sols variés pour arriver à une moyenne hebdomadaire maximale de 100 kilomètres. Nous nous attachons aussi à muscler et à entretenir nos pieds".
Le Graal des coureurs de fond
Il faut passer par cette préparation pour s'attaquer, munis d'un road-book d'une boussole, de fusées de détresse, d'un kit de survie et d'une pompe aspi-venin, à une épreuve de 240 km durant six jours. Soit autant d'étapes de 25 à 80 km.
Rémy Duprez qui a déjà goûté au désert marocain en 2002 résume le contexte : "Tu pars le premier jour avec un sac à dos pesant 10 à 15 kg, rempli pour vivre en autonomie complète. Donc chargé de vivres, de matériels de couchage, de cuisine et de médicaments. C'est le minimum syndical pour traverser les pistes, les dunes, la petite montagne, les oueds asséchés, les palmeraies et les plateaux caillouteux".
"Un véritable diaporama du désert. On doit se sentir tout petit au milieu de tels espaces" imagine déjà Michel dont ce sera la première expérience africaine.
Rémy, lui, est un amoureux de ce continent. "J'aime l'Afrique au point d'y passer mes vacances de Pâques depuis 12 ans pour y effectuer des marches dans le désert". Malgré une "première" très "hard" en 2002, il a décidé de remettre ça une seconde fois. "Le marathon des sables est le Graal des coureurs de fond. Alors, je souhaitais y revenir. J'espère toutefois y vivre une expérience plus cool car, en 2002, j'avais connu des conditions vraiment très particulières. La tempête de sable ayant été présente du premier au dernier jour. Cette année-là, les organisateurs avaient d'ailleurs déploré la perte d'un tiers de leur matériel logistique. Mais malgré tout ces aléas, ça reste une épreuve extraordinaire".
Le spécialiste du téléphone se souvient aussi de la lutte contre différents éléments naturels: "Le sable, le vent, les rocailles, la chaleur et les rencontres inattendues comme les scorpions et les vipères de sable". Ancien champion de Champagne cycliste cadets et juniors avec le VC Nouzonville, Michel devenu au fil du temps tri athlète puis spécialiste du Trail nature est avide de "vivre une aventure extrême". "Ce marathon, c'est l'occasion de réconcilier l'homme et la nature en mêlant le souffle du coureur au vent du désert" conclut joliment Rémy.
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Rémi Duprez
Michel Dichamp
Article paru le : 4 novembre 2008
Auteur : Pascal Remy
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